Le défi de Marine Schaeffer

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A 26 ans, Marine est infirmière de bloc opératoire à Strasbourg. Diagnostiquée SEP depuis l’âge de 18 ans, cette jeune femme pétillante et déterminée décide de se lancer un incroyable défi sportif : réaliser le Finland Trophy avec sa sœur Amélie en 2020.

 

Comment avez-vous géré l’annonce du diagnostic de votre sclérose en plaques ?

 

Marine : Une réelle descente aux enfers. J’ai été diagnostiquée à 18 ans suite à des vertiges persistants et une vision double. Quand on est jeune, il est difficile d’apprendre que l’on est atteint d’une maladie incurable. Ma famille m’a beaucoup entouré et le sport a été une réelle bulle d’oxygène dans l’annonce de ce diagnostic. On m’avait dit « fais du sport c’est bon pour le corps et l’esprit » et je peux désormais le confirmer. Depuis 8 ans maintenant c’est une vraie bouffée d’adrénaline que je m’autorise dès que je peux. Je fais des cours de fitness et de la course à pied. Je me suis reconstruite peu à peu avec toujours la volonté d’aller de l’avant, de prendre la vie comme elle vient et de lui faire simplement confiance.

 

Travailler dans le monde médical vous a-t-il permis de mieux appréhender la SEP ?

 

M : Travailler dans le monde médical ne change rien pour moi. Chaque SEP est unique et lors d’une poussée je reste une patiente avec mes peurs et mes interrogations. Dans mon métier, je ne souhaite pas être confrontée à des patients atteints de SEP car j’ai peur que l’affectif prenne le dessus sur le professionnalisme.

 

Pouvez-vous nous raconter l’aventure sportive que vous souhaitez réaliser ?

 

M : J’adore me lancer des défis sportifs. Avec ma sœur Amélie, on avait envie depuis 2 ans de se lancer dans un raid pour vivre une expérience unique mais le temps ne s’y prêtait pas. En nous renseignant, nous avons adoré le concept du Finland Trophy donc nous avons tout de suite fait la pré-inscription et trouvé le nom de notre équipe : « Les SEPer Givrées ». C’est un raid 100% féminin, une aventure sportive, humaine et solidaire avec des associations mises en valeur pour cet événement. Les activités sont connues à l’avance, il y aura du running, du fat bike, du ice mad et du ski de fond. Nous allons représenter l’alSacEP et cela va permettre de mettre en lumière la SEP qui est encore trop peu connue aujourd’hui et souvent stigmatisée par des fausses idées.

Logo du Finland Trophy.

Comment allez-vous faire pour le financement ?

 

M : Nous avons tout d’abord créé une page Facebook « Finland Trophy 2020 – Les SEPer Givrées » pour nous faire connaître et nous sommes en recherche de sponsors [NDLR : le prix est de 2 650€/personne tout compris]. Nous avons également mis en ligne une cagnotte sur Leetchi sous le nom de « Les SEPer Givrées ».

 

Avez-vous des craintes par rapport à cette aventure sportive ?

 

M : Bien sûr, comme tout le monde j’imagine. Ma première crainte est de ne pas être à la hauteur physiquement car le froid va être la difficulté numéro une. Nous mettrons tout en œuvre pour que cela se passe au mieux et le mot d’ordre sera de prendre du plaisir pour réaliser ce rêve polaire ensemble main dans la main.

 

Avez-vous toujours été sportive ?

 

M : Avant je n’étais pas sportive ! Si je pouvais éviter les cours d’EPS, je le faisais. La SEP me fait vivre des choses extraordinaires que jamais je n’aurais imaginé faire ou être capable de faire. L’an passé, j’ai réalisé mon premier semi-marathon à l’occasion des courses de Strasbourg à la date anniversaire de ma SEP. C’était une belle revanche 7 ans après l’annonce du diagnostic. Le sport me permet vraiment de lâcher prise, d’évacuer l’excès de stress, de rester active. Je suis rapidement fatiguée mais c’est une bonne fatigue. Je le fais pour combattre la SEP, pour qu’elle reste gentille avec moi.

Marine et sa sœur, Amélie, lors d’une sortie en Forêt-Noire en Allemagne.
Marine et son copain lors du semi-marathon à l’occasion des courses de Strasbourg.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui n’osent pas réaliser ce genre d’expérience sportive ?

 

M : Oser ! Malade ou non-malade, je pense que ce genre d’expérience est toujours bénéfique. On en sort que plus fort. Ma sœur n’est pas atteinte de SEP et je sais que cette expérience lui apportera tout autant qu’à moi et nous permettra de consolider notre complicité déjà existante.

D-19/0074 – Etabli en Février 2019