Le défi de Ludovic Clavaud

Interview

Ludovic, 29 ans

Ludovic Clavaud, 29 ans, a été diagnostiqué SEP en avril 2017. Aujourd’hui, il s’occupe activement de l’association Glières en 205. Adepte du sport et un peu hyperactif sur les bords, il a créé en 2018 la journée SEP En Glisse, un événement solidaire et sportif en montagne pour lutter contre la SEP !

Comment avez-vous géré l’annonce du diagnostic de votre sclérose en plaques ?

Ludovic : Au départ, comme la plu­part des patients touchés par cette mal­adie, l’annonce a été très dure et bru­tale. L’acceptation s’est faite douce­ment et avec le temps.

Pouvez-vous nous décrire votre défi : SEP en Glisse 2019 ?

L : Durant cette journée, dif­férentes activ­ités sont pro­posées à un tarif très abor­d­able (5€/activité) : des bap­têmes de traineaux à chiens, des balades en raque­ttes accom­pa­g­nées par un AMM (Accom­pa­g­na­teur en Moyenne Mon­tagne), ou encore des ini­ti­a­tions de ski de fond !

Il y a même un DJ présent durant toute la journée et une chanteuse ama­trice pour l’animation musi­cale. On retrou­ve égale­ment un stand de l’association Tous Cap qui pro­pose des activ­ités physiques adap­tées pour les per­son­nes qui en auraient le besoin. Pour finir, le record de km en ski de fond pour lut­ter con­tre la Sclérose En Plaques ! Nous avons reçu env­i­ron 500 per­son­nes sur l’événement tout au long de la journée.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser cette expérience ? Dans quel(s) but(s) ?

L : C’est plus qu’une expéri­ence : pour moi, c’est une mis­sion. Me bat­tre pour que toutes les per­son­nes qui comme moi, lorsqu’ils décou­vrent cette mal­adie, ne se retrou­vent pas lâchés dans la nature sans réponse…

Avec ma con­jointe, nous voulions mon­tr­er qu’il est pos­si­ble de vivre à peu près nor­male­ment ! Oui, la nor­mal­ité n’existe plus vrai­ment chez nous, mais nous nous adap­tons à cette maladie.

Je veux don­ner de l’espoir, de la vie dans toutes les actions que je mène avec l’association, ma con­jointe et notre dizaine d’adhérents. La vie vaut la peine d’être vécue !

L’affiche pour la journée de SEP en Glisse.

Faut-il une bonne préparation physique en amont pour les activités que vous proposez ?

L : Non, ce que nous pro­posons aujourd’hui, que ce soit sur la journée SEP en Glisse ou toutes autres actions, man­i­fes­ta­tions, tout est fait pour être acces­si­ble à tous !

Où avez-vous trouvé les financements pour organiser ce projet ? En combien de temps ?

L : La pre­mière année, il m’a fal­lu près de 6 mois pour organ­is­er cette journée, mais cette année cela s’est fait en 3 mois seule­ment. Les finance­ments vien­nent de tous nos parte­naires locaux qui nous font des dons, mais aus­si des dif­férentes actions que nous menons tout au long de l’année et des subventions.

Ini­ti­a­tion au paret lors de la journée SEP en Glisse.
Ini­ti­a­tion au ski de fond lors de la journée SEP en Glisse.

Avez-vous eu des craintes avant d’effectuer cette journée ?

L : Lorsque l’on organ­ise des journées comme celle-ci à l’extérieur et en mon­tagne, la crainte prin­ci­pale reste la météo et que cela n’intéresse pas grand monde. Mais en fin de journée, on a fait le bilan qui pour nous est plus que positif :

3 adhé­sions à notre asso­ci­a­tion dans la journée,
Près de 400€ de béné­fices,
Un don d’une entre­prise de 500€,
3300 km de ski de fond réal­isés con­tre 2400 km l’année 2018 !

Quel sont les moments les plus durs et les plus magnifiques que vous retenez de ces journées ?

L : Ce sont des journées assez longues. Ven­dre­di, il faut se lever à 6h30 pour se couch­er à 2h du matin. Et same­di, le jour J de l’événement : levé à 6h30 pour finir à 20h. A cela s’ajoutent les kilo­mètres par­cou­rus : j’ai réal­isé plus de 13 km à pied tout au long de la journée ! Mal­gré la fatigue, on ne retient que le posi­tif : les bons retours et surtout les rencontres !

Stands lors de la journée SEP en Glisse.
Ludovic lors de la journée SEP en Glisse.

Le sport est-il important pour surmonter la SEP ?

L : Le sport, du moins, l’activité physique est plus que béné­fique à nos yeux. Cela per­met de se chang­er les idées, de se rassem­bler et de ne pas s’isoler. Je con­tin­ue une fois par semaine la course à pied. A par­tir d’avril, je reprendrai l’entrainement avec notre par­rain Sébastien CHAIGNEAU afin de réalis­er deux trails de 13km sur la fin d’année, le but étant tou­jours de se faire plaisir et de finir sans forcer et sans se démonter !

Si vous n’aviez pas eu la SEP, pensez-vous que vous auriez réalisé cette expérience ?

L : Non ! La SEP m’a ouvert l’esprit sur de nou­velles et surtout de bonnes choses. On pour­rait dire que je suis fou, mais la SEP m’a ouvert des portes que je n’aurais pas du tout pris­es sans elle. Je réalise de belles ren­con­tres depuis que j’ai cette sclérose en plaques.

Si vous deviez donner un conseil à ceux qui n’osent pas réaliser ce genre d’expérience sportive, quel serait-il ?

L : Osez, tout en respec­tant vos lim­ites. Il ne faut pas se forcer mais se faire plaisir. En 2020, il y aura bien sûr une troisième édi­tion, tout le monde est invité à venir ! Elle sera sous le même for­mat mais nous avons déjà réfléchi à des nou­veautés. Fon­cez et en cas de ques­tions, contactez-nous.

Pour en savoir plus sur les activ­ités de l’association Glières en 205 – Lut­tons con­tre la Sclérose En Plaques, ren­dez-vous sur le site : https://glieres-sep.org/

D‑19/0201- Etabli en Mars 2019

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