Le défi de Véronique : retour sur les devants de la scène

Interview

Véronique, 44 ans

Véronique Llorca Mendy a 44 ans. Elle a été diagnostiquée d’une sclérose en plaques en 2017. Paraplégique du côté droit depuis 1 an et demi et en fauteuil roulant, elle a décidé de se battre et de remonter sur scène. Elle nous raconte son voyage pour vivre pleinement sa passion : la musique.

Comment avez-vous géré l’annonce du diagnostic de votre sclérose en plaques ?

Véronique : L’annonce de ma mal­adie a été très dif­fi­cile à enten­dre, surtout le fait d’apprendre toutes les douleurs et souf­frances qu’elle engen­dre au quotidien.

Pouvez-vous nous décrire votre défi ? Est-ce une activité totalement nouvelle pour vous ?

V : J’ai comme pas­sion la musique. J’ai eu la chance de ren­con­tr­er ma man­ag­er Nora, qui est dev­enue mon amie. Je l’ai infor­mée que je venais de met­tre en place une asso­ci­a­tion qui a pour objec­tif de venir en aide aux jeunes afin de con­cré­tis­er leur pro­jet human­i­taire, artis­tique, etc…
J’ai ain­si fait la ren­con­tre d’une asso­ci­a­tion. Lorsqu’ils m’ont enten­due chanter, ils m’ont invitée à par­ticiper à leur Fes­ti­val inter­na­tion­al de hip-hop à Rosso au Séné­gal, Fron­tière de la Mau­ri­tanie 17ème édi­tions. J’ai tout de suite accepté !

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser ce défi ? Dans quel but ?

V : Je voulais me prou­ver que j’avais encore la force d’être autonome, et qu’il était temps de repren­dre ma vie en main. Il est vrai que je ne marche plus, ce qui me pèse beaucoup.

Quand je chante, quand je monte sur scène, je suis heureuse. Je retrou­ve le bon­heur de vivre. Je suis moi, tout simplement !

Mon but était d’affronter quelque chose de nou­veau avec mon fau­teuil roulant, de me dire que moi aus­si je peux voy­ager, peu importe ce que je peux subir au quo­ti­di­en avec ma maladie.

Véronique plus épanouie que jamais sur la scène.

Combien de temps faut-il pour préparer un tel défi ?

V : Il nous a fal­lu qua­tre mois env­i­ron pour tout met­tre en place. J’ai eu la chance d’avoir un grand sou­tien de la part de ma man­ag­er Nora ain­si que le sou­tien de ma famille, mes amis, les infir­mières de Cahors et de mon médecin traitant.

Pourquoi avez-vous choisi de partir à l’étranger ?

V : Depuis mon dernier voy­age avec ma maman, je n’avais pas repris l’avion. C’était un besoin, une envie depuis très longtemps de par­tir à l’étranger, surtout au Séné­gal. Je ne pou­vais pas man­quer cette opportunité.

Où avez-vous trouvé les financements pour ce défi ?

V : Nora et les organ­isa­teurs du Fes­ti­val se sont occupés de tout afin que je pré­pare cette belle aven­ture sans stress et dans de bonnes conditions.

Avez-vous eu des craintes avant ou pendant le défi ?

V : Oui j’ai eu des craintes… celle de pren­dre l’avion en fau­teuil roulant mais aus­si de ne pas réus­sir à sup­port­er la chaleur.

Quel a été le moment le plus beau ? Quel a été le plus dur ?

V : Ce que je retiens de plus beau : la ren­con­tre avec toute l’équipe du Fes­ti­val de Rosso, tous ces moments partagés, toutes ces ren­con­tres en si peu de temps. J’ai passé des moments uniques et inoubliables !

Le plus dur : mon fau­teuil roulant n’a pas été affrété en temps et en heure à l’aéroport du Séné­gal. Je ne l’ai eu que quelques jours plus tard. Cela m’a ter­ri­ble­ment affec­tée sur le coup. Nora m’a ras­surée et assurée que nous allions trou­ver une solu­tion rapi­de : chose dite, chose faite. Elle, ain­si que les organ­isa­teurs du Fes­ti­val, m’ont trou­vé plusieurs fau­teuils à St Louis au Séné­gal. Ce qui m’a mar­quée et très touchée, c’est qu’au final j’ai eu plusieurs fau­teuils à ma dis­po­si­tion. Je les remer­cie tous encore une fois.

Tou­jours le sourire aux lèvres.

Si vous n’aviez pas eu la SEP, est ce que vous pensez que vous auriez réalisé ce défi ?

V : Pour être hon­nête je ne sais pas trop… avant je ne me posais pas trop de ques­tions, mais du coup je n’allais pas for­cé­ment au bout de mes projets.

Pensez-vous réaliser à nouveau un tel défi ? Avez-vous d’autres projets ?

V : Oui avec grand plaisir, je suis prête ! D’ailleurs je me suis mise debout pour chanter. Le fau­teuil était blo­qué der­rière moi et j’étais entourée par ma man­ag­er et les organ­isa­teurs du Fes­ti­val en cas de prob­lème, ils m’ont soutenue !

Je pré­pare une maque­tte de 5 titres (avec comme nom de scène Lady­rove Offi­cial) en espérant remon­ter sur scène très vite. Le fau­teuil roulant ne sera plus un obsta­cle, et je suis con­sciente des dif­fi­cultés liées à ma mal­adie. Ma moti­va­tion me donne de l’espoir et la force de tou­jours voir le posi­tif, de trou­ver la vie encore plus belle.

Si vous deviez retenir une seule chose de cette expérience, quelle serait-elle ?

V : L’épanouissement total !

Si vous deviez donner un conseil à ceux qui n’osent pas réaliser ce genre de défi, quel serait-il ?

V : – Ne plus avoir peur
– Vouloir avancer
– Croire en soi
– Et se battre !

Pour décou­vrir les chan­sons de Véronique (alias Lady­rove) et ses per­for­mances scéniques, vous pou­vez la suiv­re :
– Sur sa page Face­book Lady­rove Offi­cial !
– Et sur sa chaîne YouTube Lady­rove Offi­cial!

D‑19/0603 – Établi en sep­tem­bre 2019

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