Le défi d’Elsa : voyager en vélo !

Interview

Elsa, 33 ans

Diagnostiquée en novembre 2016, Elsa est architecte de formation et travaille sur la restructuration du campus de Besançon. Alors peu sportive à l'époque, cette trentenaire motivée s'était lancée un défi : partir en voyage en Europe... à vélo !

Pouvez-vous vous présenter ?

E : je m’appelle Elsa, j’ai 33 ans, j’ai été diag­nos­tiquée SEP en novem­bre 2016. Je suis archi­tecte de for­ma­tion et je tra­vaille actuelle­ment dans l’agglomération de Besançon sur la restruc­tura­tion du cam­pus de la ville. J’ai ren­con­tré Marine de SEP&GO, qui s’était lancé le défi de faire un Tour d’Europe, en lien avec l’ARSEP l’année dernière, mais faute de temps j’ai peu de lien avec les associations.

Comment avez-vous géré l’annonce de la SEP ?

E : Éton­nement, comme me l’a fait remar­quer le neu­ro­logue, je n’ai pas pleuré. Après une semaine au ser­vice de neu­rolo­gie je m’attendais à ce ver­dict. J’ai accusé le coup mais j’ai aus­si pen­sé à tout ce que j’avais accom­pli jusque-là et que m’a vie ne s’arrêtait pas à cette annonce.
Le plus dif­fi­cile a été de l’annoncer à mes proches et de faire face à leurs peurs et inquié­tude quant à la suite de ma vie. Cer­tains me voy­aient déjà en fau­teuil roulant!

Pouvez-vous nous décrire votre défi sportif ? Est-ce une activité sportive totalement nouvelle pour vous ?

E : Le défi que j’ai réal­isé plusieurs fois était de par­tir en vacances à vélo. Je l’avais déjà fait en 2015 avant d’être diag­nos­tiquée (Besançon/Nantes en par­tie) et le défi était de le refaire. Je me suis aus­si faite opérée du ménisque en mars 2016. Avec mon con­joint, nous sommes allés de Nantes à Arca­chon à vélo, puis l’année suiv­ante nous avons relié Dunkerque, Ams­ter­dam et Brux­elles. A chaque fois des périples de 500 km avec max­i­mum 80 km par jour. Je pré­cise que je ne suis pas une grande sportive.

Le par­cours d’Elsa : entre Dunkerque, Ams­ter­dam et Bruxelles.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser ce défi sportif ? Dans quel but ?

E : Je voulais voir où en étaient mes capac­ités et com­ment réagis­sait mon corps. Par­tir à l’étranger était aus­si un grand défi pour moi. Ce défi est lié à la perte de repères dans un pays dif­férent. En France, je con­nais le fonc­tion­nement du sys­tème médi­cal en cas de besoin mais à l’étranger c’est moins évi­dent. Je pense que je me mets des bar­rières men­tales sans fonde­ment car ça reste l’Europe.

Combien de temps faut-il pour préparer un tel défi ?

E : 3 mois sem­blent néces­saires pour pré­par­er cette aven­ture (par­cours, matériel, entraînement).

Où avez-vous trouvé les financements pour ce défi ?

E : Sur mes deniers personnels.

Elsa, au milieu des nom­breux vélos d’Amsterdam.

Faut-il une bonne préparation physique en amont ?

E : Je me suis un peu remise au vélo mais sans plus, ce qui n’est pas très malin. Le men­tal compte énor­mé­ment et là-dessus je m’entraîne au quo­ti­di­en car être une femme dans le monde du bâti­ment n’est pas de tout repos. J’ai quand même l’immense chance de ne pas avoir de séquelles de ma crise et glob­ale­ment tout fonc­tionne bien.

Avez-vous eu des craintes avant ou pendant ce défi sportif ?

E : Ma grande crainte était liée à la ges­tion de la fatigue. Elle arrivait sans prévenir et m’obligeait à des temps de repos. Nous étal­ions nos kilo­mètres sur la journée pour prof­iter aus­si de nos vacances.

Avez-vous eu des douleurs particulières pendant ou après ce défi sportif ?

E : Quelques cour­ba­tures mais sans plus. Cepen­dant, l’air marin et la fraîcheur m’ont per­mis de retrou­ver la sen­si­bil­ité du bout des doigts et du pied.

Quel a été le moment le plus beau ? Et quel a été le plus dur ?

E : La dune du Pilat. Je me suis sen­tie toute petite devant cette immen­sité. Le restau­rant sur le bassin d’Arcachon était pas mal aussi.

Le plus dur, tous les jours ! Faire du sport ce n’est pas naturel quand même alors 80 km jour­naliers… mais cela en vaut vrai­ment la peine.

Elsa, prête à repren­dre la route.

Le sport a‑t-il été important ou bénéfique pour surmonter votre SEP ?

E : Alors là je dis oui à 100%. Depuis cette année, j’ai changé de tra­vail pour pou­voir repren­dre le sport plus régulière­ment et je vois net­te­ment la dif­férence. J’ai moins de douleurs inopinées partout dans le corps, j’ai une meilleure pos­ture, plus de souf­fle et je me sens mieux mentalement.

Si vous n’aviez pas eu la SEP, est ce que vous pensez que vous auriez réalisé ce défi sportif ?

E : Oui, mais il n’aurait pas eu la même saveur.

Pensez-vous réaliser à nouveau un tel défi sportif ? Si oui, de plus longue durée ? Avec de nouveaux accompagnants ?

E : Oui je voudrais faire les 10 km du trail des forts de Besançon avec un affichage de ma mal­adie pour la faire con­naitre. J’aimerais surtout pour mon­tr­er que la vie ne s’arrête pas au diag­nos­tic et que les per­son­nes malades en sont capa­bles. Être con­fron­tée au regard des autres est une véri­ta­ble épreuve pour moi. Cette épreuve est en mai et je com­mence à mon­ter mon pro­gramme et je cherche des accompagnants.

Si vous deviez retenir une seule chose de cette expérience, quelle serait-elle ?

E : Si j’ai réus­si à le faire, vous pou­vez y arriv­er ! La force du men­tal est cap­i­tale dans ce genre de défi mais aus­si dans la vie de tous les jours. Une activ­ité sportive régulière est vrai­ment béné­fique à tout point de vue.

D‑20/0015- Établi en Jan­vi­er 2020

Et vous,
qu'en pensez vous ?

0 commentaire
Ajouter un commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire sur cet article

Ajouter un commentaire