Les défis de Marylou Schmisser

Interview

Marylou, 45 ans

Après un parcours dans le milieu hospitalier, Marylou exerce aujourd’hui en tant qu’infirmière scolaire en Martinique. Âgée de 45 ans, cette maman de deux enfants a connu des années de souffrance avant d’être diagnostiquée d’une sclérose en plaques il y a 3 ans. Aussitôt décidée à se battre, elle nous raconte les superbes défis sportifs et humains qu’elle a relevés.

Comment avez-vous géré l’annonce du diagnostic de votre sclérose en plaques ?

Mary­lou : Je pou­vais enfin met­tre des mots aux maux. J’avais déjà une idée de mon diag­nos­tic et j’ai fait le néces­saire pour me ren­dre en métro­pole pour qu’il soit con­fir­mé par des neu­ro­logues et des exa­m­ens. Quand le ver­dict est tombé, j’ai décidé de pren­dre tout de suite un traite­ment et de com­bat­tre la SEP sans hésiter.

Pouvez-vous nous décrire les défis sportifs que vous avez réalisés ?

M : Les valeurs du sport, je con­nais bien. Le sport m’a aidé à sur­mon­ter la SEP et je remer­cie, Rémi Sage, mon coach de l’époque qui a cru en moi et qui m’a per­mis de devenir la per­son­ne que je suis. J’ai décidé de faire du sport une pri­or­ité pour les jeunes lors de mes nom­breuses actions et mis­sions dans l’éducation nationale. En Févri­er dernier, j’ai organ­isé la SOP, la Semaine Olympique et Par­a­lympique dans plusieurs écoles.

Nous avons notam­ment organ­isé des ate­liers sportifs adap­tés pour toutes les class­es, du pri­maire au BTS, en col­lab­o­ra­tion avec des pro­fesseurs d’EPS. Nous avons invité des jeunes à mobil­ités réduites, leurs accom­pa­g­nants ain­si que le Comité Région­al Han­d­is­port de la Mar­tinique et le cab­i­net du Recteur. Cela a per­mis de sen­si­bilis­er les jeunes sur la sclérose en plaques, de récolter des fonds pour l’association Sclérose des Sables et d’associer les pra­tiques sportives à l’éducation morale et civique. C’est l’occasion de tra­vailler des thèmes comme le fair-play, les valeurs du sport et du par­a­lymp­isme ou encore l’égalité hommes-femmes, la san­té et l’inclusion des élèves en sit­u­a­tion de handicap.

Ate­liers sportifs adap­tés pour toutes les class­es, du pri­maire au BTS, en col­lab­o­ra­tion avec des pro­fesseurs d’EPS.

M : Le défi de nata­tion a été un moment fort pour moi. J’ai réal­isé une tra­ver­sée à la nage entre deux îlets de la baie du François, en Mar­tinique. Le site qui se nomme « la Baig­noire de Joséphine » est très con­nu sur l’île. Ani­ta Fatis et Azia, deux nageuses han­d­is­port, m’ont accom­pa­g­née dans cette épreuve et ont relevé le défi avec moi. Je ne suis pas nageuse, peu de per­son­nes y croy­aient mais je l’ai fait ! J’ai même fait l’aller et le retour ! 

Tra­ver­sée à la nage entre deux îlets de la baie du François, en Martinique.

Quel a été votre moteur pour réaliser ces défis sportifs ?

: Quand j’ai été diag­nos­tiquée il y a 3 ans, je me suis dit : « je vais faire un sport qui va me per­me­t­tre de me sur­pass­er et de lut­ter con­tre les symp­tômes inval­i­dants ». Je souhaitais aus­si être impliquée dans des actions sol­idaires comme soutenir l’association Scléros­es de Sables qui par­ticipe au trek « Elles marchent » au Maroc du 1er au 8 Mars 2019.

Mon but est de faire con­naître la mal­adie aux Antilles français­es et de créer un réseau SEP qui n’existe pas encore.

Pour réalis­er de tels défis sportifs, il faut s’engager et savoir don­ner de son temps en dehors de sa vie de famille et pro­fes­sion­nelle. Il faut être pas­sion­née, déter­minée et ne jamais aban­don­ner, même si on ren­con­tre des bar­rières ou des échecs.

Où avez-vous trouvé les financements ?

M : J’ai tra­vail­lé sur ces pro­jets pen­dant 6 mois. Il a fal­lu les présen­ter au Con­seil d’Administration et obtenir l’accord du Rec­torat. J’ai aus­si présen­té le pro­jet à des spon­sors locaux mais j’ai surtout eu le sou­tien de ma direc­tion et de la fon­da­tion ARSEP qui nous a per­mis d’établir un parte­nar­i­at avec l’association Scléros­es des sables. Plus de 8 000€ ont été rever­sé à la fon­da­tion ARSEP.

Avez-vous eu des craintes par rapport à ces projets ?

M : J’en ai eu oui. J’ai eu peur de devoir avancer les frais et de ne pas pou­voir être présente à mes évène­ments à cause d’une poussée mais j’ai été présente les 5 jours ! La mat­inée sportive a fail­li être annulée par un mou­ve­ment de grève sur le départe­ment mais dans l’ensemble tout s’est bien passé et les images par­lent d’elles-mêmes.

Quel conseil donneriez-vous à ceux qui n’osent pas réaliser ce genre d’expérience sportive ?

M : La SEP est un trem­plin pour réalis­er des défis adap­tés, en con­nais­sant ses lim­ites. Se dépass­er est un plaisir immense lorsque l’entourage vous suit et vous motive. Ça aide dans la mal­adie. Ani­ta Fatis a dit : ” Je sais que le sport ne guérit pas, mais il repousse la fatigue et comme on va mieux morale­ment, on va mieux physiquement”.

D‑19/0138 – Etabli en Mars 2019

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