Traitements de fond

Mal­gré les pro­grès thérapeu­tiques accom­plis ces dernières années, il n’y a pas actuelle­ment de traite­ment per­me­t­tant de guérir la SEP.

Cepen­dant, il existe des traite­ments de fond effi­caces qui pris régulière­ment, ralen­tis­sent l’évolution de la SEP, dimin­u­ent la fréquence des poussées et réduisent l’activité détectable à l’IRM de la maladie.

Ces traite­ments ciblent prin­ci­pale­ment l’inflammation du sys­tème nerveux cen­tral en la mod­u­lant et/ou en la supprimant.

Seul un neu­ro­logue peut pre­scrire et renou­vel­er les traite­ments de fond.

On peut distinguer 2 types de traitements de fond :

  • Les immunomod­u­la­teurs

réduisent l’intensité de la réponse inflam­ma­toire, ils sont util­isés en pre­mière inten­tion et sont disponibles sous forme injectable ou orale. Ils sont asso­ciés à un faible risque de com­pli­ca­tions infectieuses.

  • Les immuno­sup­presseurs

agis­sent directe­ment sur les cel­lules immu­ni­taires entraî­nant une mod­i­fi­ca­tion ou une sup­pres­sion de leur réponse. Ces traite­ments se présen­tent sous forme injectable ou orale. Ils peu­vent être util­isés en 1er ou 2e intention.

Leurs effets sur le sys­tème immu­ni­taire sont plus pronon­cés ce qui néces­si­tent de rechercher préal­able­ment un déficit de l’immunité ou de véri­fi­er les vac­ci­na­tions avant traitement.

Par­mi les immuno­sup­presseurs, il existe les anti­corps mon­o­clonaux, qui ont une action très ciblée sur une des étapes de la réac­tion immu­ni­taire et donc de l’inflammation.

Ces anti­corps mon­o­clonaux sont admin­istrés à l’hôpital et appar­ti­en­nent à la famille des biothérapies.

À savoir :

  • Les traite­ments de fond sont en majorité indiqués chez les patients ayant des formes rémit­tentes ou sec­ondaire­ment pro­gres­sive avec poussées surajoutées.
  • Les traite­ments ayant pour but de favoris­er la remyélin­i­sa­tion ou de pro­téger l’axone sont encore soit au stade de la recherche expéri­men­tale soit en cours de développement.

Les biothérapies ou biomédicaments

Les bio­thérapies, appelés encore bio­médica­ments ou médica­ments biologiques, regroupent :

  • les traite­ments basés sur l’utilisation de cel­lules ou de tis­sus vivants,
  • les médica­ments fab­riqués à par­tir de bac­téries ou de cel­lules et mimant des molécules naturelle­ment fab­riqués par le corps humain comme les anticorps.

Ils se dif­féren­cient des médica­ments chim­iques qui sont des molécules pro­duites par syn­thèse chimique.

Util­i­sa­tion des biothérapies

Il existe trois grandes familles de bio­thérapies pre­scrites en médecine :

Ces bio­thérapies per­me­t­tent le traite­ment de divers­es mal­adies (dia­bète avec l‘insuline, ostéo­porose, retard de crois­sance…) dans de nom­breux domaines (endocrinolo­gie, rhu­ma­tolo­gie, can­cérolo­gie, der­ma­tolo­gie, gyné­colo­gie, pneu­molo­gie, oph­tal­molo­gie, infec­ti­olo­gie, gas­tro-entérolo­gie et neurologie).

En France, de nom­breux anti­corps mon­o­clonaux ont été mis à la dis­po­si­tion des patients atteints de mal­adies avec une com­posante inflam­ma­toire : rhu­ma­tismes inflam­ma­toires chroniques (pol­yarthrite rhu­ma­toïde…), mal­adies intesti­nales chroniques (mal­adie de Crohn…), pso­ri­a­sis, SEP…

À retenir :

  • Les anti­corps mon­o­clonaux sont des anti­corps aux ver­tus thérapeutiques.
  • Au départ, les anti­corps, appelés égale­ment immunoglob­u­lines, sont des pro­téines pro­duites par notre organ­isme pour le pro­téger des sub­stances étrangères ou antigènes qui y pénètrent. A action très ciblée, chaque anti­corps est spé­ci­fique de l’antigène sur lequel il se fixe pour entraîn­er sa destruction.
  • Les anti­corps mon­o­clonaux sont fab­riqués pour s’attaquer à des agents impliqués dans des mal­adies. Ils sont pro­duits par une seule et même cel­lule, clonée en plusieurs mil­liers de cel­lules iden­tiques. Ils sont spé­ci­fiques d’une cible unique. C’est cette spé­ci­ficité qui fait leur intérêt thérapeutique.
  • Les dif­férents modes d’action des anti­corps monoclonaux.

À savoir

Dans la SEP, les anti­corps mon­o­clonaux se fix­ent à la sur­face des lym­pho­cytes spé­ci­fique­ment impliqués dans le développe­ment de la mal­adie pour blo­quer la réac­tion immu­ni­taire et donc l’inflammation.

Fabrication des biothérapies

Les bio­thérapies sont fab­riquées grâce à la biotech­nolo­gie avec les mêmes exi­gences de qual­ité et de con­trôle que les autres médicaments.

Les bio­thérapies sont pro­duites à par­tir d’une cel­lule ou d’un organ­isme vivant qui va servir d’usine. Au cours du proces­sus, cette cel­lule est d’abord pro­gram­mée pour fab­ri­quer la sub­stance thérapeu­tique choisie ; elle est ensuite mise en cul­ture pour pro­duire cette sub­stance en quan­tité suff­isante qui, une fois extraite, sera purifiée.

De nom­breuses et com­plex­es étapes seront alors néces­saires pour arriv­er au traite­ment final.

Les procédés de fab­ri­ca­tion des bio­thérapies dif­fèrent de ceux des médica­ments « clas­siques » qui font appel à des matières pre­mières chim­iques (principes act­ifs et excip­i­ents) assem­blées selon une « recette » pré-établie puis agglomérées sous forme de com­primé ou con­di­tion­nés sous forme liq­uide ou de gélule.

À savoir

Un anti­corps mon­o­clon­al est une pro­téine qui a été fab­riquée de manière indus­trielle à par­tir d’une seule et même cel­lule. Il cible spé­ci­fique­ment une molécule qui joue un rôle fon­da­men­tal dans une mal­adie don­née, afin de blo­quer l’action de cette molécule.

Mise en place et suivi des biothérapies au quotidien

Les bio­thérapies néces­si­tent une pre­scrip­tion ini­tiale par un médecin spécialiste.

Les exa­m­ens à réalis­er avant la mise en route d’une bio­thérapie ain­si que le type et la fréquence du suivi dépen­dent de la sit­u­a­tion dans laque­lle ce traite­ment est pre­scrit. Ceux-ci sont sou­vent pré­cisés pour chaque médica­ment dans le cadre de l’Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).

Le bilan à réalis­er avant la mise sous traite­ment peut inclure des exa­m­ens radi­ologiques et des prélève­ments biologiques pour notam­ment éval­uer le fonc­tion­nement du foie et des reins ou encore l’état sérologique. Ce dernier ren­seigne en effet sur le développe­ment d’une infec­tion ou con­firme un con­tact ancien avec un agent infec­tieux, qu’il s’agisse d’une mal­adie ou d’un vaccin.

La véri­fi­ca­tion du car­net de vac­ci­na­tion et son éventuelle mise à jour, la recherche d’autres patholo­gies ou d’une allergie, un pro­jet de grossesse sont égale­ment à considérer.

Comme pour tout traite­ment, un suivi réguli­er est pré­con­isé. Il est spé­ci­fique de chaque traite­ment. Il a bien évidem­ment pour objec­tif d‘évaluer l‘efficacité du traite­ment mais aus­si de dépis­ter de poten­tiels effets secondaires.

Les signes à surveiller

Les infec­tions

Il s’agit d’un effet sec­ondaire bien con­nu des bio­thérapies. Ces infec­tions sont essen­tielle­ment bron­cho-pul­monaires, cutanées ou uri­naires. Elles peu­vent se man­i­fester par :

  • De la fièvre et/ou des frissons
  • Une toux qui ne passe pas
  • Un bou­ton de fièvre…

En cas de présence de ces signes ou de moin­dre doute, il faut en informer un médecin et lui sig­naler le traite­ment par biothérapie.

Autres symp­tômes

Les bio­thérapies peu­vent égale­ment entraîn­er des trou­bles gas­tro-intestin­aux, cer­tains symp­tômes cutanés comme par exem­ple des rougeurs ou des man­i­fes­ta­tions car­dio­vas­cu­laires comme, notam­ment, des vari­a­tions de la ten­sion artérielle.

En cas de présence de ces signes ou de moin­dre doute, il faut en informer un médecin et lui sig­naler le traite­ment par biothérapie.

Les situations particulières

Vous êtes en âge de con­cevoir, vous désirez un enfant, vous êtes enceinte ou vous allaitez

Il faut savoir que con­traire­ment aux médica­ments d’origine chim­ique, de nom­breuses bio­thérapies ont un pas­sage facil­ité à tra­vers les bar­rières naturelles du corps humain et notam­ment le pla­cen­ta. Ils sont donc, sauf excep­tion, con­tre-indiqués pen­dant la grossesse. C’est pourquoi une con­tra­cep­tion effi­cace est recom­mandée pen­dant la péri­ode du traitement.

En rai­son d’une durée de vie dans l’organisme assez longue, les bio­thérapies doivent être arrêtées bien avant la con­cep­tion et le traite­ment con­tra­cep­tif pour­suivi durant cette péri­ode. En rai­son d’un pas­sage dans le lait mater­nel, l’allaitement n’est pas non plus recom­mandé. Dans tous les cas, n‘hésitez pas à en par­ler à la fois à votre gyné­co­logue et à votre neurologue.

À savoir

Grossesse et bio­thérapie ne sont en général pas com­pat­i­bles. Il est donc préférable d’anticiper la grossesse bien en amont de l’arrêt de la biothérapie. 

La pro­gram­ma­tion de cette grossesse pren­dra en compte les traite­ments et l’activité de la maladie.

Vous devez subir des soins dentaires

La bouche est un porte d’entrée majeure de ger­mes pou­vant causer des infec­tions. Il est donc préférable de faire un bilan buc­co-den­taire avant de com­mencer une biothérapie.

En cours de traite­ment, les soins usuels comme le traite­ment des caries ou le détar­trage ne néces­si­tent le plus sou­vent pas de pré­cau­tions par­ti­c­ulières. Dans cer­tains cas, un traite­ment antibi­o­tique pour­ra cepen­dant être proposé.

Dans tous les cas, n‘hésitez pas à en par­ler à la fois à votre den­tiste et à votre neurologue.

Vous devez vous faire vacciner

La con­duite à tenir dépen­dra du type de vac­ci­na­tion à réalis­er. Les vac­cins inac­tivés peu­vent, en général, être injec­tés pen­dant un traite­ment par bio­thérapie ce qui n’est, en revanche, pas le cas des vac­cins dit vivants qui sont, eux, con­tre-indiqués. Si ce type de vac­cin s’avère oblig­a­toire (séjour à l’étranger par exem­ple), la bio­thérapie devra être inter­rompue un cer­tain temps avant et après la vac­ci­na­tion, ce délai d’interruption étant spé­ci­fique pour chaque médicament.

Pour sim­pli­fi­er les choses, la mise à jour les vac­ci­na­tions est en général sys­té­ma­tique­ment réal­isée avant de débuter un traite­ment par biothérapie.

Dans tous les cas, n‘hésitez pas à en par­ler à votre neurologue.

Vous devez vous faire opérer ou avez un nouveau traitement

Un geste chirur­gi­cal n’est jamais anodin, tout comme la prise d’un médica­ment. Si les bio­thérapies ont assez peu d’interactions avec les autres médica­ments, il est préférable d’en dis­cuter avec les pro­fes­sion­nels de san­té con­cernés (neu­ro­logue, chirurgien, phar­ma­cien, médecin général­iste, autre spé­cial­iste) avant de pren­dre tout autre médica­ment, même en auto-médication.

Dans tous les cas, n‘hésitez pas à en par­ler à votre neurologue.

À retenir

  • L’objectif des traite­ments de fond dépend du type de SEP, de l’histoire de la mal­adie, de l’existence ou non d’autres patholo­gies. Il est dis­cuté au cas par cas avec le neu­ro­logue et l’équipe soignante.
  • Dans les formes de SEP rémit­tentes et pri­maire pro­gres­sive, un traite­ment de fond doit être pro­posé le plus pré­co­ce­ment pos­si­ble afin de ralen­tir l’évolution de la mal­adie et ses conséquences.
  • La réponse thérapeu­tique à un même médica­ment peut être très vari­able d’un patient à un autre.
  • L’évaluation de l’efficacité d’un traite­ment repose sur le suivi clin­ique mais aus­si sur l’IRM.
  • Les mod­i­fi­ca­tions thérapeu­tiques s’appuient sur l’évaluation pré­cise des béné­fices et des risques des dif­férents traite­ments proposés.
  • A ce jour, les prin­ci­pales cibles des traite­ments de fond de la SEP sont les lym­pho­cytes, cel­lules de l’immunité qui sont impliquées dans les mécan­ismes inflam­ma­toires de la SEP.
  • Il est essen­tiel d’échang­er avec son neu­ro­logue un max­i­mum d’informations de façon à anticiper ou gér­er au mieux des sit­u­a­tions aus­si divers­es qu’un désir de grossesse, un pro­jet de voy­age ou un futur soin autre que neurologique.

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