SEP : avoir une sexualité épanouissante, c’est possible !

Vous êtes atteint(e) d’une sclérose en plaques et ren­con­trez des trou­bles de la libido. Com­ment expli­quer ce phénomène ? Quelles solu­tions exis­tent pour ressen­tir plus de désir et de sensations ?

Dans le cadre de la sclérose en plaques, « les trou­bles sex­uels peu­vent affecter plus d’un patient sur deux, femme comme homme*, et ont un impact con­sid­érable sur la qual­ité de vie », pré­cise le Dr Maria Carmeli­ta Scheiber-Nogueira, neu­ro­logue au CHU de Lyon Sud1. « Ces dif­fi­cultés peu­vent touch­er toutes les phas­es de la sex­u­al­ité (désir, exci­ta­tion, plaisir et orgasme)1 ». Elles « font par­tie de la mal­adie2 et peu­vent appa­raître très pré­co­ce­ment dans son évo­lu­tion voire en être un des signes révéla­teurs1 ».  

Les origines de la baisse de libido

La baisse de la libido peut être liée « aux lésions neu­rologiques provo­quées par les plaques de démyélin­i­sa­tion », aux « change­ments physiques qui affectent la réponse sex­uelle comme la spas­tic­ité, les douleurs, les dif­fi­cultés de coor­di­na­tion ou l’existence de trem­ble­ments1 ». Mais aus­si la fatigue, fac­teur majeur de trou­bles sex­uels chez les patients souf­frant d’une SEP. Autres expli­ca­tions : « les trou­bles uri­naires et /ou des trou­bles intestin­aux qui peu­vent touch­er plus de la moitié des patients1 », détaille le Dr Scheiber-Nogueira. 

A not­er que le risque de dys­fonc­tion sex­uelle serait pré­cisé­ment lié au degré de hand­i­cap liée à la mal­adie, plus qu’à la sur­v­enue poten­tielle de trou­bles anx­ieux ou de symp­tômes dépres­sifs3.

Pour toutes ces raisons, vous pou­vez avoir été exposé(e) à un ou plusieurs rapport(s) sexuel(s) pas for­cé­ment agréable(s). Les moments d’intimité devi­en­nent alors plus rares : la libido, n’étant pas stim­ulée régulière­ment, a ten­dance à se met­tre en veille. 

Se faire aider 

Pre­mière étape de la prise en charge per­son­nal­isée : une con­sul­ta­tion chez le neu­ro­logue1, dédiée à votre trou­ble sex­uel pour com­pren­dre son orig­ine, et élim­in­er d’autres poten­tielles patholo­gies asso­ciées**

Dans un sec­ond temps, chez un(e) sex­o­logue ou un(e) psy­cho­logue, une dis­cus­sion seul(e) et/ou avec votre parte­naire per­me­t­tra de faire le point sur votre sit­u­a­tion sex­uelle. « Cette analyse est pri­mor­diale car l’apparition d’une mal­adie chronique, sou­vent évo­lu­tive, avec instal­la­tion pro­gres­sive d’un hand­i­cap va for­cé­ment mod­i­fi­er les rela­tions de cou­ple dont le mode de fonc­tion­nement va être per­tur­bé (l’affection, la com­mu­ni­ca­tion en cou­ple, l’intimité, la con­fi­ance en soi et en votre parte­naire)1 », atteste le Dr Scheiber-Nogueira. 

Pour amélior­er votre con­fort pen­dant les rap­ports, vous pou­vez aus­si utilis­er des lubri­fi­ants hydratants ou à base d’acide hyaluronique1. La stim­u­la­tion des zones régionales en perte de sen­si­bil­ité, à l’aide d’un jou­et éro­tique, peut égale­ment vous aider à retrou­ver vos sen­sa­tions1

La pre­scrip­tion de traite­ments peut, elle, favoris­er la lubri­fi­ca­tion vagi­nale, le main­tien de l’érection et le retarde­ment de l’éjaculation mas­cu­line1. Pour vous ren­seign­er sur ces médi­ca­tions, n’hésitez pas à vous ren­seign­er auprès de votre médecin qui sera en mesure de vous pre­scrire une ordonnance.

Et côté médecine douce, l’acupuncture peut stim­uler votre libido à l’aide d’aiguilles apposées sur les méri­di­ens de l’énergie sex­uelle : sous la mal­léole (os de la cheville) et 2 cm sous le nom­bril. Une effi­cac­ité peut être rap­portée en quelques séances de 20 à 30 min­utes cha­cune4.

Sources :

* Les femmes sont impactées par une diminu­tion de la lubri­fi­ca­tion vagi­nale, une diminu­tion ou une perte de la sen­si­bil­i­sa­tion des régions vagi­nales et des sen­sa­tions orgas­miques, la sur­v­enue de four­mille­ments et/ou de picote­ments au niveau des régions géni­tales (sen­sa­tions de paresthésie), une faib­lesse du con­trôle périnéale, des douleurs pen­dant les rap­ports sex­uels (dys­pare­unie) — Les hommes sont impactés par des trou­bles de la sen­si­bil­ité des organes géni­taux, une diminu­tion de la qual­ité de leur érec­tion, une perte des érec­tions éro­tiques mal­gré le main­tien des érec­tions mécaniques noc­turnes et mati­nales, une éjac­u­la­tion pré­coce, une sen­sa­tion de paresthésie

** Infec­tions uri­naires à répéti­tion, trou­bles pro­sta­tiques, com­pli­ca­tions liées à la grossesse ou à l’accouchement… 

*** L’affection, la com­mu­ni­ca­tion en cou­ple, l’intimité, la con­fi­ance en soi et en votre partenaire

[1] Notresclerose.org. Les trou­bles sex­uels dans la sclérose en plaques. Dr Maria Carmeli­ta Scheiber-Nogueira. Con­sulté en mai 2022. Disponible : https://www.notresclerose.org/la-sclerose-en-plaques/troubles-sexuels

[2] D Cordeau et al. Sex­u­al dis­or­ders in women with MS: assess­ment and man­age­ment. Ann Phys Reha­bil Med. Epub. Juil­let 2014. doi: 10.1016/j.rehab.2014.05.008. Epub 2014 Jun 5

[3] Patrick Alt­mann. Pre­dis­pos­ing Fac­tors for Sex­u­al Dys­func­tion in Mul­ti­ple Scle­ro­sis. Front. Neu­rol., févri­er 2021. https://doi.org/10.3389/fneur.2021.618370

[4] « Pra­tique du mas­sage chi­nois, Con­naître ses pro­pres points d’acupuncture », Dr You-Wa, Edi­tion Poche Marabout, mars 2019, 320 pages, 6,90 euros

M‑FR-00006914 — 1.0 — Etabli en Juin 2022

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2 commentaires
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Foufou

11/07/2022

Bonjour et merci encore pour tout ces renseignements car sur se plan là j'ai un gros problème donc je peux en parler avec ma spy de tous mes soucis, merci beaucoup et à cause de la sep j'ai plein d'autres soucis, merci beaucoup à vous et bonne journée à plus tard 🤔

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Viviana

11/07/2022

Bonjour, malheureusement je ne pense pas que ce qui est proposé soit efficace. J’ai par exemple essayer le lubrifiant mais lors de la pénétration c’est comme-ci on me brulait le vagin. C’est bcp trop douloureux.

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