SEP et travail : se protéger de l’impact de la fatigue au quotidien

Symp­tôme altérant la qual­ité de vie pro­fes­sion­nelle, la fatigue con­stitue une source d’appréhension pour les patients atteints d’une sclérose en plaques (SEP). Vais-je être en forme physique­ment pour aller au tra­vail ? Psy­chique­ment pour aller au bout de mes mis­sions du jour ? Com­ment se pré­mu­nir des épisodes de fatigue intense ?


Au total, 9 patients sur 10 diag­nos­tiqués pour une SEP souf­fre de fatigue chronique[1]. Toutes les astuces sont bonnes à pren­dre pour lim­iter l’impact de ce trou­ble dans la sphère pro­fes­sion­nelle. Et l’enjeu est de taille alors que le car­ac­tère imprévis­i­ble de ces « coups de mou » ne favorise pas la con­fi­ance en soi au tra­vail, et altère par­fois le sen­ti­ment d’efficacité. Pour commencer :

  • Evitez les sit­u­a­tions pro­fes­sion­nelles à risque : c’est-à-dire les horaires décalées, les postes en posi­tion debout qui ne font qu’accroître la fatigue accu­mulée, physique ou psy­chique. Sur les moyen et long terme, le tra­vail de nuit induit par exem­ple un risque de trou­bles du som­meil, de prise de poids, de trou­bles de l’humeur qui ont de « pro­fondes réper­cus­sions sur divers aspects de la vie (physique, social, psy­chologique, pro­fes­sion­nel et spir­ituel) ».  Et ne font qu’alimenter cette sen­sa­tion de fatigue elle-même source de trou­bles cog­ni­tifs[2] ;
  • Décon­necter du tra­vail le soir pour priv­ilégi­er de vraies phas­es de repos et vous créer un sas de décom­pres­sion avant d’aller vous couch­er. L’objectif étant de lim­iter les trou­bles du som­meil, plus fréquents chez les patients atteints d’une SEP com­parés à la pop­u­la­tion générale[1] ;
  • Anticiper des temps de pause au fil de votre journée de tra­vail, avant de sen­tir la fatigue vous envahir. « La plu­part des per­son­nes atteintes de SEP se ren­dent compte que leur degré d’énergie baisse au fil des heures, par­ti­c­ulière­ment en après-midi », décrit à ce sujet le Dr Lau­ren Krupp, direc­trice du cen­tre de SP pédi­a­trique Lourie, à l’hôpital pour enfants de Stony Brook, à Long Island[1] ;
  • Prévoir des temps d’activité physique adap­tée pour atténuer[3] la fatigue. En plus de stim­uler l’immunité et un bon niveau de san­té psy­chique, cette habi­tude peut amélior­er la qual­ité du som­meil, réguler la pres­sion artérielle, dimin­uer la sen­sa­tion de stress, source de fatigue physique comme psy­chique[4] ;
  • Ten­tez d’aborder la ques­tion du télé­tra­vail avec votre hiérar­chie, si votre méti­er le per­met, de plusieurs jours de télé­tra­vail par semaine pour lim­iter les déplace­ments. Avec si pos­si­ble une flex­i­bil­ité dans les jours en tra­vail dis­tan­ciel, pour faire comme bon vous sem­ble au jour le jour, selon l’énergie du moment ;
  • Ren­seignez-vous sur le temps par­tiel thérapeu­tique. Idem con­cer­nant l’aménagement de poste ou des horaires. Tous ces points peu­vent être abor­dés avec le médecin du tra­vail. La recon­nais­sance en qual­ité de tra­vailleur hand­i­capé (RQTH)[5] peut elle aus­si faciliter l’organisation de votre plan­ning. Enfin, la charge émo­tion­nelle liée à la mal­adie peut par­fois être allégée quand vos col­lègues sont au courant de votre mal­adie. Pas tou­jours facile au quo­ti­di­en de cacher la vérité tout en trou­vant des pré­textes à des absences par­fois régulières ou à la sur­v­enue d’une fatigue soudaine. Libre à vous d’en par­ler… ou non.

Sources :

[1] scleroseenplaques.ca. Prise en charge des trou­bles de l’humeur et de la cog­ni­tion asso­ciés à la SEP. Con­sulté en octo­bre 2021. Disponible : https://scleroseenplaques.ca/uploads/files/mood-and-congition-in-ms-FR.pdf

[2] Chez les patients atteints d’une SEP, les trou­bles cog­ni­tifs con­stituent le pre­mier motif de retrait pré­coce du monde du travail

[3] Cochrane. La réé­d­u­ca­tion par l’ex­er­ci­ce pour réduire la fatigue causée par la sclérose en plaques. Con­sulté en octo­bre 2021. Disponible :  https://www.cochrane.org/fr/CD009956/MS_la-reeducation-par-lexercice-pour-reduire-la-fatigue-causee-par-la-sclerose-en-plaques

[4] scleroseenplaques.ca. Prise en charge des trou­bles de l’humeur et de la cog­ni­tion asso­ciés à la SEP. Con­sulté en octo­bre 2021. Disponible : https://scleroseenplaques.ca/uploads/files/mood-and-congition-in-ms-FR.pdf

[5] La RQTH est délivrée dans un délai de 6 mois à 1 an par la com­mis­sion des droits et de l’autonomie de la mai­son départe­men­tale des per­son­nes hand­i­capées (MDPH) rat­tachée à votre lieu de rési­dence. Grâce à ce dis­posi­tif, l’employeur peut béné­fici­er d’aides finan­cières et matérielles par­tic­i­pant à l’aménagement du poste, à la for­ma­tion professionnelle…


Crédit pho­to : Rido/shutterstock.com

M‑FR-00005426 — 1.0 — Etabli en octo­bre 2021

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2 commentaires
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Greg

13/11/2021

J'ai la sclérose depuis 20 ans, je travaille et J ai du Arrêté car je ne pouvez plus car j était carreleur, j avait quelque bas pendant se temps la, le patron en voulait toujours plus, donc on ce sent faible qui est vrai du mal à accepter, et la vie familiale parlons en pas divorce, perte de mémoire et du mal à marche , pas pouvoir jouer quel que fois avec mon fils

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Birgoute la vosgienne

06/04/2022

Maintenant j'ai l'impression qu'il ni a plus que le travail et le handicap. Pour ma part on m'a remercié il y a 12 ans parce qu'on a pas voulu me reclasser. Même pas mis en invalidité donc quasi sans ressourc et vous voulez que tout aille bien.
Cela fait trente ans que j'ai la maladie.

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