La RQTH, l’aide précieuse qui a changé ma vie professionnelle

Interview

Marine, 28 ans

Moins de fatigue et d’appréhension, plus d’efficience et de capacité à se concentrer, davantage de souplesse dans l’aménagement des horaires : les bénéfices de la RQTH sont multiples pour les patients atteints d’une sclérose en plaques. Comment et pourquoi bénéficier de ce statut ? Le point de vue de Marine, bénéficiaire de la RQTH depuis ses 17 ans.

A 17 ans [1], Marine rem­plis­sait sa pre­mière demande de recon­nais­sance de la qual­ité de tra­vailleur hand­i­capé (RQTH), auprès de la MDPH [2]. « Cela m’a per­mis d’assurer mon pre­mier job d’été », affirme la patiente de 28 ans. « Grâce à la RQTH, je pou­vais aller à l’hôpital pour mes traite­ments de fond sans que cela compte sur des jours ouvrables [3]. » Avan­tage pour le respect de la vie privée et con­tre les dis­crim­i­na­tions : la mal­adie n’est pas nom­mée sur le for­mu­laire de la RQTH. « Je n’avais pas envie de dire ce que j’avais, l’employeur ne m’a jamais demandé. »

Des symptômes beaucoup plus gérables

A l’inverse aujourd’hui, Marine, employée dans une start-up stras­bour­geoise spé­cial­isée dans la e‑santé et les mal­adies chroniques, s’est con­fiée à son patron. « Il n’était pas sen­si­bil­isé à la ques­tion du hand­i­cap. Mais j’ai eu envie de lui dire que je souf­frais d’une SEP. » L’occasion de lever le voile sur l’impact de cette patholo­gie neu­rologique dans la vie de tous les jours. « Avec la RQTH, je peux béné­fici­er du télé­tra­vail, d’un ordi­na­teur financé par l’Association de Ges­tion du Fonds pour l’Insertion Pro­fes­sion­nelle des Per­son­nes Hand­i­capées (AGEFIPH). Je vais au bureau de temps en temps. Mais au quo­ti­di­en, je n’ai plus de route à faire. Cela me coûte moins en énergie », décrit Marine. « J’ai aus­si plus de facil­ité à me con­cen­tr­er. C’est vrai que dans l’open space, à cause des trou­bles cog­ni­tifs, le moin­dre bruit peut me per­turber. Je me sens bien plus effi­cace ! »

« Tu m’as ouvert les yeux »

La pièce maîtresse pour artic­uler ce par­cours ? Le bureau de la con­seil­lère Cap Emploi ! « Elle nous dirige vers les aides à l’embauche [4], les solu­tions en cas de déplace­ments pro­fes­sion­nels. Elle con­tacte l’employeur pour répon­dre aux ques­tions, gère les con­flits si besoin. » Pour ses prochaines embauch­es [5], le patron de Marine compte se tourn­er vers la pop­u­la­tion hand­i­capée. « Il m’a dit que je lui avais ouvert les yeux. Qu’il l’aurait fait avant s’il avait su que c’était si sim­ple ».

Forte de son vécu, Marine donne de son temps pour amélior­er la vie d’autres malades. « A 22 ans, j’étais patiente-experte au sein de la Ligue con­tre la SEP et du réseau stras­bour­geois. J’intervenais dans le comité de pilotage et dans les pro­grammes d’éducation thérapeu­tique. Aujourd’hui, je sen­si­bilise les patients et les soignants sur les béné­fices de la RQTH. L’information manque encore beau­coup à ce sujet. »

Aller plus loin :

Emploi et hand­i­cap : la recon­nais­sance de la qual­ité de tra­vailleur hand­i­capé (RQTH), www.travail-emploi.gouv.fr

« La recon­nais­sance de qual­ité de tra­vailleur hand­i­capé (RQTH) – Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi et com­ment en faire la demande ? Com­ment l’utiliser en pra­tique ? », Le Dr Emmanuelle Le Page inter­roge Ève Lise Bré­mont, assis­tante sociale au CHU de Rennes – Lumière sur la SEP

« Le temps par­tiel thérapeu­tique », le Pr Thibault More­au inter­roge à ce sujet Elodie Thiébault, assis­tante sociale de la Cli­boSEP à Dijon – Lumière sur la SEP

Sources :

  • Inter­view de Marine Andres, le jeu­di 15 avril 2021
  • https://travail-emploi.gouv.fr/ministere/service-public-de-l-emploi/article/cap-emploi
  • https://mdphenligne.cnsa.fr/
  • https://www.agefiph.fr/


[1] Il est pos­si­ble de souscrire à la RQTH avant la majorité, notam­ment pour faciliter l’intégration socio­pro­fes­sion­nelle des étu­di­ants et jeunes actifs

[2] Les dossiers adressés à la Mai­son Départe­men­tale des Per­son­nes Hand­i­capées (MDPH) sont à rem­plir avec le médecin général­iste ou le neu­ro­logue. Le délai de traite­ment est d’environ 6 mois. Chaque statut doit être renou­velé tous les 4 à 5 ans

[3] En cas d’absence du fait des traite­ments, le paiement du salaire n’est pas à la charge de l’employeur

[4] En lien avec l’Association de Ges­tion du Fonds pour l’Insertion Pro­fes­sion­nelle des Per­son­nes Hand­i­capées (AGEFIPH)

[5] L’emploi d’une per­son­ne sous RQTH donne accès à une prime max­i­male de 4 000 euros pour l’employeur dans une asso­ci­a­tion ou une entreprise

M‑FR-00004272 – Etabli en avril 2021

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