SEP : mes humeurs font le yoyo, ce n’est pas une fatalité !

Par­mi les dif­férents symp­tômes, la SEP peut reten­tir sur le bien-être psy­chologique, et génér­er une dif­fi­culté à gér­er vos émo­tions. Com­ment faire avec ces trou­bles de l’humeur qui ne prévi­en­nent jamais quand ils survi­en­nent ? Le témoignage d’Anaïs, pro­fesseure et maman de deux enfants.

L’atteinte du sys­tème nerveux cen­tral car­ac­téris­tique de la SEP engen­dre une atteinte neu­rologique, mais aus­si cog­ni­tive et émo­tion­nelle1. Cette dernière peut pré­cisé­ment se traduire par des trou­bles de l’humeur, avec des symp­tômes qui « font à la fois inter­venir les lésions cérébrales et les réac­tions psy­chologiques à la mal­adie chronique2 », détaille Anne-Lau­re Ramel­li, psy­cho­logue clinicienne. 

Des émotions fortes et motrices

Au quo­ti­di­en, les ressen­tis peu­vent alors devenir intens­es et imprévis­i­bles, sur­pren­nent par­fois l’entourage mais avant tout le patient qui n’a pas tout à fait de prise pour gér­er ou même com­pren­dre ses mon­tées de colère, de mélan­col­ie, de joie ou de con­fu­sion. « Un yoyo total qui est venu s’ajouter dans mon cas à un car­ac­tère déjà hyper­sen­si­ble », témoigne Anaïs, patiente âgée de 36 ans et diag­nos­tiquée en 2019. « Je n’ai jamais été très sta­ble émo­tion­nelle­ment, je monte très vite dans les tours, tant dans la colère que dans les larmes ». 

Un tem­péra­ment naturel à vif donc, avec des émo­tions fortes et motri­ces qui « m’ont don­nées l’occasion de chang­er de regard sur les pri­or­ités et de vivre tous mes pro­jets ». Grâce à la SEP et à mes ressen­tis hauts en couleurs, « j’ai trou­vé l’énergie de divorcer, de cumuler mon méti­er de pro­fesseur des col­lèges avec celui d’éducateur canin », racon­te Anaïs. 

Quelles solutions pour atténuer l’intensité des émotions ?

  • La to-do list quo­ti­di­enne pour ne pas per­dre pied dans les tâch­es à réalis­er, même les plus sim­ples. « Pour ne pas me met­tre en colère, et me noy­er dans un tiers de verre d’eau, je plan­i­fie tout au jour le jour, ne laisse aucune place à l’improvisation car je sais que le moin­dre change­ment peut me faire vriller. » Une atti­tude qui demande à la famille de s’adapter. « Ce n’est pas sim­ple car si je ne con­trôle pas, je panique et je n’arrive pas à pren­dre de déci­sion. Si je gère trop de choses, je panique aus­si. Mon con­joint a donc trou­vé la façon de m’aider tout en me lais­sant pas mal de choses entre les mains ! 
  • Par­ler de la SEP « avec mes deux filles. J’essaie de leur par­ler de la mal­adie sans rien leur cacher pour qu’elles com­pren­nent pourquoi je peux être fatiguée ou de mau­vaise humeur, ça atténue leurs émo­tions et donc les miennes » ;
  • Un chef d’orchestre au tra­vail. « Avec les jeunes au col­lège, je pré­pare tous mes cours : on va d’un point A à B sans détour ! Et en cas de trous de mémoire lié à la fatigue, « je mets en place un jeu de devinette pour inciter les élèves à trou­ver eux-mêmes la solu­tion. » 
  • Seule et en famille : « on fait beau­coup de choses tous les qua­tre que ce soit les sor­ties et les com­péti­tions canines. Et je me réserve aus­si des soirées seules à la mai­son quand mon con­joint pom­pi­er est de garde ». Une alter­nance entre des espaces pour se chang­er les idées en famille et des sas de calme indis­pens­ables pour laiss­er la tran­quil­lité s’installer ;  
  • La course à pied « pour me défouler, évac­uer toute la colère et revenir le plus au calme pos­si­ble ».

Nous sommes tous dif­férents : à cha­cun sa solu­tion ! En effet, il s’agit sim­ple­ment d’idées liées à l’histoire et au car­ac­tère d’Anaïs pour vous inspir­er mais cette liste est loin d’être exhaus­tive. Faîtes donc en fonc­tion de votre his­toire à vous : l’important est d’écouter votre instinct et vos envies pour gér­er vos pro­pres émo­tions et trou­ver la ou les méth­odes qui vous con­vi­en­nent le mieux, sans faire cas des juge­ments ou avis des autres : vous êtes libres !

Sources :

- Inter­view d’Anaïs, patiente atteinte d’une sclérose en plaques, le 18 mai 2022

[1]  Saman­ta Simioni, Myr­i­am Schluep, Jean-Marie Annoni, Markus Gschwind, Patrik Vuilleu­mi­er. Mod­i­fi­ca­tions neu­ro­com­porte­men­tales sec­ondaires à la sclérose en plaques. Revue médi­cale suisse. Disponible : https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2009/revue-medicale-suisse-201/modifications-neurocomportementales-secondaires-a-la-sclerose-en-plaques

[2] Bro­chet B, Sèze JD, Lebrun-Fre­nay C., Zéphir H, A‑L Ramel­li. Trou­bles de l’humeur et psy­chologiques. La sclérose en plaques — Clin­ique et thérapeu­tique. Else­vi­er Mas­son, 2017. Disponible : https://eu-ireland-custom-media-prod.s3-eu-west‑1.amazonaws.com/France/Download/Truscelli475020/Truscelli475020.pdf

M‑FR-00006918 — 1.0 — Etabli en Juin 2022

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1 commentaire
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Nanou

12/07/2022

Merci pour tout ces partages qui éclairent un peu cette maladie 💚

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